ÉCRIRE POUR VIVRE .
J'écris et je ne sais pourquoi. Le crayon imprime
sous ma volonté.
Ce n'est que des écrits et non du vécu. C'est l'imagination.
C'est vouloir vivre sur papier.
Exprimer la colère et la joie. C'est éphémère.
C'est bon.
Ce n'est pas assez. Je voudrais avoir plus de mines à mon
crayon.
Des mines enchantées qui pourraient jouer avec les mots
comme on joue du violon.
Mes mots sont parfois sans saveur. Ils sont écrits pour
moi et se referment sur moi.
Mon voisin ne comprend pas. Il ignore mon âme.
Il ne sait pas la richesse de ma tunique. Il ne voit pas la décoration
de mes songes.
Il ne découvre pas le son de mes amours dans la nuit.
Souvent, il croit déceler une maille dans le filet de mes
idées.
Il touche presque mon cur. Il atteint rarement le fond de
mes sentiments.
Il ne fait que les effleurer en lisant mes textes.
Je suis riche de toute chose mais je suis empêché
de tout savoir. De tout écrire.
Je possède tout mais je ne le sais pas. C'est caché.
Enfoui.
Et peut-être qu'en écrivant, verrai-je mon âme.
L'espoir me gagne mais l'inspiration me manque. Panne d'essence
ou de volonté.
La peur me hante et est omniprésente. J'ai d'atroces visions.
À moins que ce ne soit que la vérité. Alors,
autant la découvrir.
De toute façon, la vie n'a plus d'alibis. Elle est là,
coupable et innocentée.
Elle souffre mais je la guérirai. Pardon, mes écrits
viendront à me guérir des affres de la vie. Et les
souvenirs seront heureux.
La gloire sera éternel et le bonheur inconséquent
de ses actes.
C'est alors que je vivrai
Jérôme Côté , 1994
LE RÊVE CONTRE LA MORT
À l'orée de mes songes, loin de toutes infamies,
Je peux voir tout ce qu'il y a de plus beau.
Le ciel immense s'embrase sous un Soleil capricieux.
Le fleuve tranquille accueil ses rayons bénéfiques.
Les oiseaux font des triples vrilles car le bonheur les habite.
Et tous les animaux se côtoient en amis et sans soucis
Mais il faut bien se réveiller
Mais autant avoir peur de s'endormir à cause de la mort.
Mais autant ne plus vouloir se réveiller.
Car si la mort, c'est mes songes
Et la vie, ces humains médiocres et méchants,
Vaudrait mieux pour moi de rester dans mes songes
Mais si la mort, c'est mes songes sans humains
Et que j'aime quand même ces humains,
Que faire pour réunir songes et humains
C'est alors qu'il faut croire aux âmes.
Les âmes étant les humains sans corps ainsi que sans
malice.
Croire aux âmes réunis dans un même songe
C'est ainsi que je vaincrai la mort,
C'est ainsi que je vivrai
Jérôme Côté, 1997