ÉCRIRE POUR VIVRE….

J'écris et je ne sais pourquoi. Le crayon imprime sous ma volonté.
Ce n'est que des écrits et non du vécu. C'est l'imagination.
C'est vouloir vivre sur papier.
Exprimer la colère et la joie. C'est éphémère. C'est bon.
Ce n'est pas assez. Je voudrais avoir plus de mines à mon crayon.
Des mines enchantées qui pourraient jouer avec les mots comme on joue du violon.
Mes mots sont parfois sans saveur. Ils sont écrits pour moi et se referment sur moi.
Mon voisin ne comprend pas. Il ignore mon âme.
Il ne sait pas la richesse de ma tunique. Il ne voit pas la décoration de mes songes.
Il ne découvre pas le son de mes amours dans la nuit.
Souvent, il croit déceler une maille dans le filet de mes idées.
Il touche presque mon cœur. Il atteint rarement le fond de mes sentiments.
Il ne fait que les effleurer en lisant mes textes.
Je suis riche de toute chose mais je suis empêché de tout savoir. De tout écrire.
Je possède tout mais je ne le sais pas. C'est caché. Enfoui.
Et peut-être qu'en écrivant, verrai-je mon âme.
L'espoir me gagne mais l'inspiration me manque. Panne d'essence ou de volonté.
La peur me hante et est omniprésente. J'ai d'atroces visions.
À moins que ce ne soit que la vérité. Alors, autant la découvrir.
De toute façon, la vie n'a plus d'alibis. Elle est là, coupable et innocentée.
Elle souffre mais je la guérirai. Pardon, mes écrits viendront à me guérir des affres de la vie. Et les souvenirs seront heureux.
La gloire sera éternel et le bonheur inconséquent de ses actes.
C'est alors que je vivrai…

Jérôme Côté , 1994

 

LE RÊVE CONTRE LA MORT…

À l'orée de mes songes, loin de toutes infamies,
Je peux voir tout ce qu'il y a de plus beau.
Le ciel immense s'embrase sous un Soleil capricieux.
Le fleuve tranquille accueil ses rayons bénéfiques.
Les oiseaux font des triples vrilles car le bonheur les habite.
Et tous les animaux se côtoient en amis et sans soucis…

Mais il faut bien se réveiller…
Mais autant avoir peur de s'endormir à cause de la mort.
Mais autant ne plus vouloir se réveiller.

Car si la mort, c'est mes songes
Et la vie, ces humains médiocres et méchants,
Vaudrait mieux pour moi de rester dans mes songes…

Mais si la mort, c'est mes songes sans humains
Et que j'aime quand même ces humains,
Que faire pour réunir songes et humains…

C'est alors qu'il faut croire aux âmes.
Les âmes étant les humains sans corps ainsi que sans malice.
Croire aux âmes réunis dans un même songe…

C'est ainsi que je vaincrai la mort,
C'est ainsi que je vivrai…

Jérôme Côté, 1997

 

 

 

Retourner aux Site à Patou !